Voyelles

Poésies, 1872

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes.A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombillent autour des puanteurs cruelles,

Golfe d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;I, pourpres, sang craché, rire des lèvres bellesDans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,Paix des pâtis semés d’animaux, paix des ridesQue l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,Silences traversés des Mondes et des Anges :— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

De Poésies (1872), a partir de la transcripción de Wikisource en francés.

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